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En quittant Narbonne, si l'on se dirige vers le couchant, on trouve devant soi une longue plaine fertilisée par les inondations de l'Aude, des étangs autrefois nombreux, jusqu'aux approches 'de Carcassonne. De là, on laisse l'Aude derrière soi, et la plaine prend de plus vastes proportions. A droite, le terrain s'élève insensiblement pour former, sous le nom de « Montagnes noires », un long et verdoyant horizon; à gauche, c'est un second amphithéâtre, prolongement des Corbières, qui va se perdre aux environs de Toulouse. Fanjeaux en est le point culminant, et la plaine naît à ses pieds. Là, comme au fond d'une anse, se trouve Prouille. Des coteaux élevés le protègent; l'air y est des plus purs. Le territoire est arrosé par la Preuille qui lui donna son nom. Celle-ci, non loin de Bram, se réunit au Bromatel, par la Sésonie bordée, comme la Preuille, de jardins et de potagers. Plusieurs sources, taries maintenant, alimentaient ces cours d'eau. Le nom de Prouille (Prouilhe) est celtique; il fait supposer qu'il est plus ancien que les bourgades environnantes. Les colonies de navigateurs, formées sur les côtes de Provence, ayant appris qu'à une distance assez rapprochée une rivière charriait des paillettes d'or (l'Ariège), s'y rendirent et y puisèrent largement. 158 Pages |