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C'est en Angleterre, au début du XVIIIe siècle, que naît la Franc-Maçonnerie moderne. Y entrer n'est pas facile. Un article des Constitutions d'Anderson (1722) précise "no women". Cette exclusion nous interpelle. Nous découvrons alors que cet interdit va être mis à mal en passant la Manche. Nous suivons les mille et une ruses des Françaises pour entrer en loge. Si la Franc-Maçonnerie ne vient pas aux femmes, comment ces dernières vont à la Franc-Maçonnerie ? Nous tenons notre problématique. Ainsi naît cet essai d'analyse de la Maçonnerie des Dames, dite de manière un tantinet condescendante "maçonnerie d'adoption". Grand est notre plaisir de suivre bourgeoises et duchesses dans cette pratique frivole de l'Art Royal. Puis vient Napoléon. Les maçons continuent à recevoir leurs chères soeurs, devenues désormais simples objets d'ornement. De nouveau, se pose à nous la question : comment les femmes reviennent à la maçonnerie ? Ce sont les féministes de la deuxième moitié du XIXe siècle qui forcent une nouvelle fois les portes du temple, à la suite de Maria Deraismes, reçue apprentie en 1882. Aujourd'hui, un maçon français sur cinq est une maçonne. Les petites filles du pasteur Anderson peuvent désormais fréquenter diverses obédiences mixtes comme le Droit Humain, ou féminines comme la Grande Loge Féminine Française. Et au troisième millénaire, gageons que le Grand Architecte de l'Univers y trouvera les siennes ! (Gisèle et Yves Hivert-Messeca)
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